«Si les Danois de confession juive doivent porter cette étoile, eh bien! nous la porterons tous!»
L’étoile jaune !
Dans toute l’Europe, la Gestapo, les SS, les nazis, traquent les Juifs, les déportent et les exterminent dans les camps de la mort.
Alors que, hélas, des «collaborateurs» dans plusieurs pays aidèrent, dans leur sinistre besogne, les troupes d’Hitler,
il se trouva des hommes et des femmes qui, au péril de leur vie, en France et ailleurs, tendirent la main aux hommes, femmes, enfants, pourchassés.
Le Danemark fut exemplaire, et la réponse que fit Christian X, son roi, aux sbires nazis, est plus qu’un symbole.
«…ces pauvres gueux hier encore paysans, bergers ou artisans arrachés à coups de gourdin aux côtes de Falmouth… au nom de Sa Très Gracieuse Majesté!
…enrôlements forcés, mutineries, batailles navales, des chefs de pièces couverts de sang et de débris humains qui frappent à coup de nerf de bœuf les canonniers épouvantés, des malheureux fous de douleur, des corps brisés, mutilés…»
L’autre soir dans les rues de notre ville, mon regard fut attiré par l’étrange évolution d’un jeune homme d’une vingtaine d’années qui titubait, se raccrochait à un mur, manquait de tomber en arrière, puis parcourait quelques mètres à grandes enjambées zigzagantes, pour se retrouver sur la rue en grand danger… Il était ivre.
Comment peut-on se mettre dans un tel état…
Il existe ainsi dans notre vie bien des circonstances dans lesquelles il faut savoir dire non !
«Elkhir-Râs!» – «Le bien seulement»,
et selon la tradition des Touaregs, le grand Targui au litham tendu jusqu’au-dessous des yeux, salua le lieutenant français des compagnies sahariennes, la main levée, paume ouverte en signe de paix…
«Il n’y a rien d’irréparable, Marius, rien d’irréparable…»
C’est par ces mots que s’achève la remarquable trilogie de Marcel Pagnol consacrée à Marius, Fanny et César…
Ce conteur et écrivain de grand talent, tout au long de cette œuvre émeut, déchaîne les rires, amuse, fait naître les larmes…
Pendant quelques instants en ce temps de Noël, entre les dernières nouvelles des guerres, attentats et agressions multiples, la télévision, la radio, les journaux vont parler de paix.
Qui n’y aspire? La paix dans les couples désunis, dans les familles déchirées, entre les frères ennemis, au sein des peuples et entre les peuples… Mais de ce souhait à la réalité il y a un abîme qui semble s’agrandir plus le temps passe.
« C’est encore plus beau ainsi ! »
Cette réflexion, Anne Sauvy ne l’a jamais oubliée.
Anne Sauvy, historienne à la Sorbonne, alpiniste, écrivain, conte avec beaucoup de simplicité l’anecdote qui la marqua tant.
Il est question de Frison-Roche, le grand guide, écrivain et journaliste si célèbre… A l’époque, il était déjà très vieux :
« …C’était au cours de l’été 1994. Un jour morose, gris et froid… il y avait des masses de nuages enrobant la haute montagne et laissant à peine apercevoir ce qui était au-dessus de nous. Un petit crachin triste tombait…
C’était une étonnante rencontre !
L’homme qui m’accosta était grand, très âgé; toute son attitude dénotait l’assurance de celui qui a eu l’habitude de commander…
En quelques mots il se présenta.
Ancien haut gradé de l’armée, il s’était installé depuis peu dans notre ville.
Après m’avoir transmis les salutations d’un pasteur de la région d’où il venait, soudain il me surprit par les paroles qu’il me confia.
Car c’était bien une quasi confession qu’il faisait, là, dans la rue.